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Le CERN et Mistral AI s’allient pour développer des modèles de fondation d’IA pour la science

Tech

19 octobre 2026

Le CERN et le développeur d'IA Mistral AI ont signé une déclaration d'intention pour un partenariat stratégique de long terme sur les modèles de fondation au service de la découverte scientifique. Premier objectif : un « Large Physics Model » pour la physique des hautes énergies. Le CERN et Mistral AI vont collaborer sur des modèles de fondation pour la découverte scientifique, en commençant par la physique des hautes énergies. | © CERN – Mistral AI

Le CERN et le développeur d’IA Mistral AI ont signé une déclaration d’intention pour un partenariat stratégique de long terme sur les modèles de fondation au service de la découverte scientifique. Premier objectif : un « Large Physics Model » pour la physique des hautes énergies.

Le CERN et Mistral AI ont signé une déclaration d’intention pour un partenariat stratégique de long terme sur les modèles de fondation au service de la découverte scientifique. Le CERN apporte son expertise en physique fondamentale, en données scientifiques et en calcul à grande échelle, tandis que Mistral AI contribue avec l’entraînement de modèles à grande échelle. L’accent est d’abord mis sur la physique des hautes énergies, mais ces travaux pourraient aussi nourrir les approches d’IA de l’ensemble de la communauté scientifique.

Un modèle de fondation pour la physique des collisionneurs

L’objectif central est un modèle unique pré-entraîné, présenté comme le premier modèle de fondation pour la physique des collisionneurs : un « Large Physics Model ». Il serait entraîné sur des milliards de collisions proton-proton simulées du Grand collisionneur de hadrons (LHC) et prendrait en charge plusieurs tâches, dont la reconstruction des collisions de particules, l’identification des particules, la détection de signaux inattendus et l’évaluation de futurs concepts de détecteurs.

Aujourd’hui, la reconstruction repose sur une chaîne d’algorithmes spécialisés qui convertissent progressivement les signaux des détecteurs en objets physiques. L’apprentissage automatique améliore déjà certaines étapes de cette chaîne, et un modèle de fondation pourrait apprendre sur l’ensemble de la chaîne au sein d’un seul modèle.

Les volumes de données en jeu sont considérables. Le CERN a stocké à ce jour environ un exaoctet (un million de téraoctets) de données expérimentales du LHC, et le LHC à haute luminosité (HL-LHC), dont la mise en service est attendue vers 2030, multipliera par dix le nombre de collisions.

Des capacités d’IA partagées pour la physique

Enrica Porcari, directrice de l’informatique du CERN, estime que la physique des hautes énergies offre « un environnement unique dans lequel l’intelligence artificielle peut être développée et testée » avec rigueur, et que le partenariat vise à créer des capacités d’IA que l’ensemble de la communauté de la physique pourra partager. Johannes Brandstetter, vice-président de l’IA pour l’ingénierie chez Mistral AI, se dit fier de travailler avec le CERN pour explorer ce que les modèles d’IA à grande échelle peuvent apporter à la physique des particules, avec à la clé de possibles découvertes scientifiques.