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Les sciences de la vie représentent CHF 28,3 milliards de valeur ajoutée en Suisse occidentale

Sciences de la vie

6 octobre 2026

Selon une nouvelle étude de BAK Economics, le secteur des sciences de la vie génère CHF 20,6 milliards de valeur ajoutée directe en Suisse occidentale, et CHF 28,3 milliards en tenant compte de ses effets sur l'ensemble de l'économie régionale. Les sciences de la vie génèrent CHF 539’000 de valeur ajoutée par emploi en Suisse occidentale, la productivité la plus élevée de toutes les branches de la région.

Selon une nouvelle étude de BAK Economics, le secteur des sciences de la vie génère CHF 20,6 milliards de valeur ajoutée directe en Suisse occidentale, et CHF 28,3 milliards en tenant compte de ses effets sur l’ensemble de l’économie régionale.

Mandatée par le Groupement Romand de l’Industrie Pharmaceutique (GRIP), l’étude est la première à mesurer de manière systématique le poids économique des sciences de la vie à l’échelle de la Suisse occidentale. Elle a été cofinancée par Bristol Myers Squibb, CSL, Debiopharm, Eli Lilly, Haleon, iQone, OM Pharma, Sanofi et UCB Farchim, avec le soutien du GGBa.

Les résultats ont été dévoilés le 6 octobre lors d’une conférence de presse sur le campus du Biopôle, à Lausanne, suivie d’une table ronde réunissant Isabelle Moret, conseillère d’État vaudoise et cheffe du Département de l’économie, de l’innovation, de l’emploi et du patrimoine, ainsi que des représentants du GRIP et de Haya Therapeutics.

Le secteur représente environ 7% de la valeur ajoutée régionale et emploie 38’155 équivalents plein temps (EPT), soit un peu plus de 2% des emplois de la région. Avec CHF 539’000 par emploi, sa productivité est la plus élevée de toutes les branches de Suisse occidentale : plus de trois fois la moyenne régionale de CHF 178’000 et près du double de celle du secteur financier (CHF 288’000). Près d’une personne sur deux y est titulaire d’un diplôme universitaire.

Entre 2015 et 2025, la valeur ajoutée réelle du secteur a plus que quadruplé, contre un facteur de 2,4 pour les sciences de la vie dans le reste de la Suisse. L’emploi a progressé de 55%, contre 13% pour le reste de l’économie régionale. Sur la décennie, les sciences de la vie expliquent environ 42% de la croissance réelle de la valeur ajoutée de la Suisse occidentale, et la région génère désormais 29% de la valeur ajoutée suisse du secteur.

Un effet d’entraînement sur toute l’économie régionale

L’impact dépasse largement le secteur lui-même. Chaque tranche de CHF 100 de valeur ajoutée directe génère environ CHF 40 supplémentaires dans d’autres branches de l’économie régionale. En incluant les fournisseurs et les dépenses des employés, 83’136 EPT, soit plus de 98’000 personnes, dépendent directement ou indirectement des sciences de la vie, tandis que l’effet total sur les revenus double, de CHF 4,5 milliards à CHF 9,0 milliards. Le commerce, l’hôtellerie-restauration et la culture en profitent le plus (CHF 1,8 milliard), suivis des services aux entreprises ainsi que du secteur industriel et énergétique.

La Suisse occidentale se distingue également comme pôle d’innovation. Elle détient 36% de l’ensemble des brevets suisses en sciences de la vie, 41% des brevets medtech et 51% des brevets suisses de classe mondiale en medtech. Entre 2020 et 2024, 36% des start-ups suisses du secteur ont été fondées dans la région, qui a attiré CHF 10,5 milliards de capital-risque. L’EPFL se classe au 12ème rang mondial en chimie, au 15ème en science des données et IA et au 37ème en biologie, tandis que l’Université de Genève (UNIGE) occupe le 71ème rang en pharmacie. Avec 124 sites de production pharmaceutique autorisés, plus que toute autre région suisse, la Suisse occidentale a exporté pour CHF 17,1 milliards de produits des sciences de la vie en 2025, soit environ CHF 5’000 par habitant.

Le rapport donne également la parole à des acteurs de l’écosystème. Simon Rothen, CEO du centre de recherche translationnelle sitem-insel à Berne, voit dans la région lémanique « quelque chose qui s’apparente à une chaîne de valeur translationnelle complète », soit « un avantage concurrentiel considérable, qu’il est très difficile pour une autre région de simplement reproduire ». Carmen Jungo Rhême, directrice du Biofactory Competence Center de la Haute école d’ingénierie et d’architecture de Fribourg (HEIA-FR), souligne quant à elle l’importance de préserver la qualité des formations tout en renforçant les liens entre le monde académique et l’industrie.

Une enquête menée auprès de 26 entreprises de premier plan place la stabilité politique et macroéconomique en tête des atouts de la région, suivie de l’accès à des spécialistes propres au secteur. La proximité des hautes écoles et des instituts de recherche est le seul facteur d’implantation pour lequel le positionnement perçu dépasse l’importance accordée. L’étude identifie aussi des domaines d’action : la réglementation spécifique au secteur en matière d’autorisations, de prix et d’études cliniques, la défense de la compétitivité fiscale face à l’imposition minimale de l’OCDE, et l’amélioration de l’accès à des données de santé de haute qualité pour les applications d’IA. Parmi les tendances mondiales, les entreprises jugent les modèles américains de prix de référence comme les plus déterminants pour leur activité.