Une IA bernoise prédit le risque d’infection dès la fin de l’opération
31 août 2026
Une équipe chirurgicale de la Clinique universitaire de chirurgie viscérale et de médecine de l’Inselspital, l’hôpital universitaire de Berne, durant une opération. | © Inselspital
Une équipe interdisciplinaire de l’Université de Berne et de l’Inselspital a développé CARESCORE, un modèle d’IA qui calcule le risque individuel d’infection postopératoire d’un patient dans les secondes suivant la fin de l’intervention, en s’appuyant sur les signes vitaux enregistrés pendant l’opération.
Des chercheurs de l’Université de Berne et de l’Inselspital, l’hôpital universitaire de Berne, ont développé CARESCORE, un modèle d’IA capable de calculer le risque individuel d’infection postopératoire d’un patient dans les secondes suivant la fin d’une opération. Ces travaux ont été publiés dans la revue npj Digital Medicine.
La période qui sépare une opération réussie du rétablissement complet est critique : c’est durant celle-ci que des complications telles que les infections de plaie, les pneumonies ou les septicémies doivent être détectées précocement. Jusqu’ici, l’évaluation du risque reposait principalement sur des facteurs connus avant l’intervention, comme l’âge, les affections préexistantes ou, dans certains cas, les prédispositions génétiques. L’équipe bernoise, qui réunit des cliniciens, des spécialistes des données et des infectiologues, a cherché à déterminer si les réactions du corps pendant l’opération elle-même recelaient une information utile.
Pour cette étude, l’équipe a analysé les données de plus de 10’000 opérations menées à l’Inselspital, en combinant des informations cliniques collectées en routine, telles que l’âge du patient, ses affections préexistantes ainsi que le type et la durée de l’intervention, avec les signes vitaux surveillés en continu durant l’opération, dont la tension artérielle, la fréquence cardiaque et la saturation en oxygène. Selon le co-responsable de l’étude Guido Beldi, chef de la chirurgie viscérale à l’Inselspital, certains profils de saturation en oxygène et certaines variations du rythme cardiaque se sont révélés associés à un taux de complications plus élevé.
Le modèle obtenu prédit le risque d’infection avec une précision supérieure aux approches fondées uniquement sur les données préopératoires, permettant de surveiller et de traiter plus tôt les patients à risque. Les chercheurs le présentent comme un appui à la prise en charge médicale et non comme un substitut au jugement clinique.
CARESCORE n’a pour l’instant été développé et testé que sur les données de l’Inselspital, et doit désormais être validé dans d’autres hôpitaux et dans d’autres conditions chirurgicales avant de pouvoir entrer dans la pratique clinique courante.